parue le : 19 décembre 2014 rédigée par : Jean-Marie Lanöe

14 Novembre 2013 – Le Bataclan – Paris

affiche

Quelqu’un m’avait dit, je crois que c’était avant le concert de Camel en Belgique : « Tu sais, je crois que Steve Hogarth a perdu sa voix ». Depuis une interview du H (voir Koid’9 n° 84), on sait que c’est sa crainte ultime, mais quand il nous avait confié cela avant le concert de Marillion, il y a près d’un an déjà, on n’avait pas pu, personnellement, vérifier s’il etait en possession de son si bel organe, la neige ayant paralysé Paris. Est-ce à cause des déplorables conditions météo de l’époque que Marillion revenait dans la capitale six mois plus tard ? Ou parce que le public de la capitale lui réserve toujours un accueil quasi délirant ? C’était donc la troisième – et dernière fois dans l’année que H & Cie venaient présenter leur « Sounds Can’t Be Made » (Bon cru !) tour.

HogarthAprès une agréable première partie – Jacob Moon, gratteur solitaire fan de Rush usant et abusant des possibilités de play back de sa guitare – boum ! Prenons le fantasmabuleux « Invisible Man » (la meilleure de « Marbles ») dans les gencives ! Toutes les facettes de ce long morceau sont formidablement exécutées et Steve n’a jamais aussi bien chanté ! Le son est incroyablement clair, en place d’emblée, bien meilleur ici au Bataclan qu’à l’Olympia (par exemple). Tout le concert sera du même tonneau. H, merveilleux, émouvant, théâtral, habité ; les autres (de droite à gauche, Trewavas, Kelly (derrière), Mosley (tout au fond) et Rothery(qui a un peu maigri) parfaitement audibles individuellement et collectivement. J’étais venu un pekellyu par hasard et j’en ressortais comblé par ce diable de combo qui jamais ne se sera foutu de notre gueule tout au long de son exemplaire carrière. C’est bien sûr leur dernier album qui pris une place de choix mais « Mad », « Nerverland » et « Garden Party », qu’ils n’avaient pas joué l’hiver dernier, valurent leur pesant d’émotions fortes. On eut peur de la fin du concert, dès les dernières notes de « This Strange Engine », ce qui faisait une heure et quart de concert, mais Marillion joua avec nos nerfs et en définitive deux heures devant un public qui connaissant tout par cœur et que H laissait volontiers chanter seul sourire aux lèvres. Pas de « Easter », pas de « Cover My Eyes » pour la midinette que je suis, mais ça n’est pas grave. Marillion ne vieillit pas, sait se renouveler et, à l’heure de ses lignes, achève un nouvel album non sans avoir expédié à ses fans une chanson de Noël mâtinée de James Bond que je vous recommande chaudement (« The Carol of the Bells »). Sans cesse sur la brèche, pour notre plus grand plaisir.

Jean-Marie Lanoë

rothery Setlist:
The Invisible Man
Pour My Love
Sounds That Can’t Be Made
Somewhere Else
Power
This Strange Engine

Rappel 1:
Mad
Neverland

Rappel 2:
Gaza

Rappel 3:
The Sky Above The Rain
Garden Pa