parue le : 20 octobre 2016 rédigée par : Rédaction

 logo_crescendo.pngEtre chroniqueur pour un journal de Rock’n Prog, c’est difficile. Surtout lorsqu’il faut couvrir un festival de 3 jours en plein air, au mois d’Août dans un lieu aussi inhospitalier que Saint Palais. Les risques sont grands : tomber de la falaise et s’écraser sur des rochers sur lesquels se prélassent de jeunes femmes en burkini… euh bikini ; être victime d’une intoxication alimentaire aux huitres Marennes-Oléron ; croiser des gens hirsutes aux Tee-Shirts improbables (du style un tatou/char d’assaut) et surtout assister médusé à des danses chamaniques très personnelles évoquant tantôt Zébulon du manège enchanté, tantôt Sitting Bull en transe avant la bataille de Little Bighorn.

Prenant mon courage à deux mains, j’avais cette année décidé de me faire les 3 jours et d’affronter les dangers du Crescendo, de boire des bières jusqu’à plus soif, du Pink Fluyd pour tester (étonnamment, je suis toujours en vie) et de parler prog avec toutes les charrettes qui passent. Et il faut bien l’avouer, c’est bien  le goût des rencontres qui m’a poussé à poser deux jours de congés pour vivre Prog durant 3 jours. Rencontrer Stéphane Mayère que je ne connaissais pas encore et retrouver Bruno Cassan 15 ans après notre première rencontre fut bien évidemment la motivation première à mon voyage car, j’avoue, l’affiche ne me parlait pas trop au départ.

Comme je me suis décidé au dernier moment, j’avais décidé (comme l’an passé) de dormir dans mon monospace transformé en abris antiatomique pour l’occasion avec un matelas bien confortable pour dormir et des rideaux occultants pour ne pas être dérangé par la lumière.

 

Flor de Loto, ensuite, a eu beaucoup plus de chance. Le beau temps était là et le mélange de hard-rock à la Maiden avec du folk-prog à la Jethro Tull a ravi le public. Le show dynamique et festif a permis aux péruviens de vendre une flopée de CDs, le stand ayant été pris d’assaut durant près de 30mn ! La soirée s’est achevée par une prestation soporifique des suédois de My Brother The Wind, groupe parallèle du guitariste d’Anekdoten. 1h30 de grattouillis qui n’a jamais décollé et qui m’a passablement ennuyé. J’étais prêt pour une deuxième nuit dans la voiture que j’avais déplacée assez loin des alcooliques de la veille. Je ne sais pas si c’est la fatigue, la bière ou My Brother The Wind, mais j’ai dormi d’une traite de minuit à 8h30.

Un café crème et deux croissants à l’étale du coin, après m’être débarbouillé dans leurs toilettes, j’étais prêt à affronter la troisième journée, celle du samedi.

Mais nobasta_crescendo.jpgus verrons plus tard que le soleil n’était pas le principal trublion sur l’esplanade du Concié de Saint Palais. Le jeudi, j’ai pu apprécier  l’originalité du Prog de fête foraine des italiens de Basta avec sa clarinette basse et son piano à bec (le diamonica). J’ai adoré la classe instrumentale de Telescope Road (le trio d’Alain Chiarazzo et du sympathique William Kopecky), apprécié le jazz-rock saxophoné complètement barré des belges de The Wrong Object et surtout j’ai craqué sur la prestation magistrale des anglais de IO Earth. A la limite d’un metal symphonique à la Nightwish/Within Temptation avec la ravissante Linda Odinsen aux vocalises.

Stéphane en bavait d’émotion et ça se voyait tellement que Dave Cureton, le gratteux épileptique a monté le son pour le faire partir du premier rang. Il ne faisait pas très chaud lorsque la soirée s’est terminée et j’ai regagné ma chambre improvisée pour faire un gros dodo… qui a été interrompu à 4 heures du mat’ (j’ai des frissons) lorsque j’ai cru que ma caisse allait se retourner. Deux types bien alcoolisés s’amusaient à la secouer et essayaient d’ouvrir les portières, avant de s’avachir sur la tente d’à côté, obligeant son occupant à sortir torse-poil pour dialoguer avec les intrus. J’ai retrouvé le sommeil rapidement…

Le vendredi, il faisait plus chaud, mais plus humide aussi (avec ses averses intempestives). Stéphane et moi avons mangé une paella (et des huitres –excellentes- en plus pour ma part) avant de regagner l’esplanade et franchir le cordon de sécurité, obligatoire compte-tenu d’un arrêté préfectoral. Les Imbibés (fan club d’Ange pour ceux qui ne le sauraient pas) ont réalisé un travail remarquable à l’entrée, vérifiant  tous les sacs des spectateurs. La soirée a commencé par Audio’m, petit groupe de Banyuls, très sympa musicalement (avec  la présence d’une joueuse de viole de gambe et une autre de flûte traversière), mais avec une chanteuse qui ne maîtrisait pas trop son organe vocal trop puissant.

 

Il faisait beau, j’ai profité par deux fois de l’océan, allant jusqu’à m’esquinter les pieds et genoux sur les rochers (cachés par l’eau saumâtre de l’estuaire de la Gironde). Heureusement que Stéphane est quelqu’un d’organisé (non seulement toute sa discothèque est répertoriée dans un fichier informatique, mais il a aussi une trousse de secours dans sa voiture avec les essentielles lingettes désinfectantes)… La soirée s’est ouverte  par la voix stridente d’Emmanuelle Lionet, la chanteuse lyrique d’Anaïd qui a, soit tétanisé, soit ravi les spectateurs. Stéphane  (n°2) et Sylvain, deux de nos plus fidèles lecteurs (qu’on croise à chaque édition du festival), originaires de Normandie, ont enduré le concert de leur chambre d’hôtel, la tête fourrée sous leur coussin, croyant que l’alerte incendie venait de se déclencher. Blague à part, c’était intéressant pour qui aime le zeul  et des « sirènes » telles Stella Vander ou Isabelle Feuillebois. Le groupe catalan suivant, Herba D’hameli, offrit pour moi la meilleure prestation du festival avec son prog symphonique inspiré de Camel et de Caravan. Seven Steps To The Green Door fut également une excellente surprise avec son hard-prog protéiforme mâtiné de jazz-rock, extrêmement en place rythmiquement. Le chant à deux voix (un homme, une femme, chabadabada) était également un grand plus. Le festival s’est terminé par Anekdoten qu’on ne présente plus et qui nous a fait… du Anekdoten. Puissant, dépressif, mais aussi très pro et parfois comique (les guignoleries de l’anglais qui tenait la seconde guitare) avec un mellotron qui a fait des siennes.

Les belges de Light Damage (dont la musique m’a rappelé Muse) ont ensuite suivi et ce sont eux qui ont essuyé (au sens propre comme au figuré) les intempéries. Crescendo sans une (ou plusieurs) averse, ce n’est pas Crescendo ! Les bizuts ont été excellents et stoïques :  le chanteur s’est pris la flotte en pleine tronche et le guitariste a du éponger le manche de son instrument toutes les 10 secondes. 

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Bref, belle prestation qui a enthousiasmé le public encore très fourni à cette heure tardive.

Après avoir (trop) rapidement dit au revoir aux copains, j’ai repris mon fidèle destrier et suis rentré sur Bordeaux, avec en fond sonore IO Earth, puis Herba d’Hameli, CD achetés  durant ces trois jours.  A l’année prochaine !

Cousin Hub