Live au Casino Barrière de Lille le 4 juin 2026
Le Casino Barrière de Lille possède une salle de spectacles superbe qui bénéficie d’une acoustique rare, ce qui n’est pas négligeable quand des concerts y sont programmés. J’avais été transporté lors de celui de Marcus Miller il y a peu de temps et ce fut le cas le 4 juin dernier avec le concert de l’américain Stanley Clarke. Serait-ce l’ultime salle des bassistes ? Who knows?!

Pour mémoire, ce grand musicien (grand dans tous les sens du terme) fut l’un des piliers du Jazz-Rock durant les années 70. Virevoltant au sein de formations prestigieuses, soit en tant que membre à part entière, soit en tant qu’invité, et aux prémices d’une longue carrière solo, ce gaillard fut à l’image de tous ses confrères jazz-rockers de l’époque capable du meilleur comme du pire, confondant parfois dextérité et virtuosité avec création et émotion : bref, un peu trop démonstratif quoi. Heureusement, tous ceux concernés durant cette période (Chick Corea, John Mac Laughlin, Al Di Meola, Alphonse Mouzon, Billy Cobham et bien d’autres, finirent par faire amende honorable en nous expliquant que oui… finalement, la virtuosité c’est bien joli, mais rien ne vaut que de « jouer LA bonne note au BON moment », philosophie largement répétée de longue date par nos Miles Davis et John Coltrane favoris. Mais comme vous vous en doutez, le naturel finit souvent par revenir au galop et reprendre le dessus !!! Il faut reconnaitre cependant que dans bien des cas et l’âge aidant, ce vieil adage porte ses fruits.
Souvenons-nous de ce fantastique album de Return to Forever Romantic Warrior pour nous convaincre de suivre les traces indélébiles laissées par ce maestro durant son passage dans un jazz-rock plutôt progressif. Souvenons-nous, apprenons et plongeons sans crainte dans son univers actuel.
Beaucoup de monde dans cette salle pour saluer le grand maître. Nous étions bien placés mes potes et moi pour apprécier pleinement le jeu incroyable du batteur Jeremiah Collier, installé côté cour de la scène, le bassiste pouvant lui faire face fréquemment sans tourner le dos au public.

Le groupe du moment, 4Ever, est composé également d’autres musiciens américains de haut niveau de la nouvelle génération : Beka Gochiashvili aux claviers, Emilio Modeste aux saxophones et Evan Garr au violon.
Avec plus de 40 albums rien qu’à son nom, je ne vous cache pas que j’aurais bien du mal à dresser ici une setlist fidèle de ce concert (et je ne l’ai pas trouvé sur le net), n’ayant reconnu au final que l’éternel riff de basse de « School Days », titre phare de Stanley Clarke daté de 1976. Il n’empêche que le répertoire de cette soirée était gorgé d’un Jazz-Rock passionnant et multidirectionnel fusionné avec toutes les trajectoires empruntées par le maestro durant sa longue carrière.
Tour à tour à la basse mais surtout à la contrebasse, cette légende vivante a su en toute simplicité nous emmener avec lui haut, très haut, dans un univers d’une grande musicalité. Ce ne fut pas le seul bien sûr, car les espaces dédiés au violon, mais aussi aux saxes comme aux claviers furent de purs moments de plaisir ! Quand on entend ce qu’on entend et qu’on ressent ce que l’on ressent, on peut se rassurer sur un futur musical de haute volée, si tant est que suffisamment de créateurs soient là pour fournir du grain à moudre au moulin de ces divins interprètes.
Le concert fut sommes toutes assez court, ainsi que le rappel auquel nous avons eu droit, mais le plaisir fut immense, ne vous déplaise.
2 informations complémentaires :
– Stanley Clarke milite pour offrir aux jeunes musiciens la possibilité de parfaire leurs compétences. Aux côtés de son épouse Sofia, il a fondé la Stanley Clarke Foundation, qui décerne depuis 13 ans des bourses à de jeunes musiciens talentueux.

– Dernière sortie : Un coffret unique de son Last Train to Sanity. L’album s’articule autour de 15 titres et combine de nouveaux morceaux avec des classiques du Jazz-Fusion réarrangés et enregistrés avec son groupe 4Ever.
PhilOman Bass
