Gathering (The) : How To Measure A Planet (1999 - 2 cd - parue dans le Koid9 n°29)

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Après "Mandylion", un des albums majeurs de la décennie (si si... j'insiste...) et "Nighttime birds", vraiment excellent lui aussi, le dernier album de The Gathering est une petite déception.

Il s'agit d'un double CD, intitulé "How to measure a planet", d'ailleurs c'est expliqué dans le livret... comment mesurer une planète... si ça intéresse quelqu'un... on sait jamais...

Non pas que ce disque soit mauvais, loin s'en faut, mais c'est vraiment moins bien. Il faut dire que le groupe a brutalement modifié son approche musicale. A mes yeux, ou plutôt à mes oreilles, leur talent résidait dans l'heureuse et surprenante juxtaposition des riffs heavy vraiment plombés et des vocalises éthérées de la fort charmante Anneke van Giersbergen. Dans ce nouvel opus, Anneke fait toujours des vocalises, mais les riffs heavy ont disparu, pouf!, a pu, fini! Est-ce dû au fait que l'un des deux guitaristes ait quitté le groupe ? Peut-être, mais ça n'empêche pas à René Rutten, celui qui reste, de continuer à jouer heavy, non ? Au lieu de cela, il nous livre de jolies arpèges planantes, et le résultat sonne comme de la gothic wave des années 80 (Siouxie and the Banshees, Dead can dance, ce genre de truc...).

Les chansons sont truffées de bidouillages électroniques curieux, la superbe voix de la chanteuse est traficotée sur "probably built in the fifties", ce qui n'est pas très malin..., et certains titres ("the big sleep", "marooned", l'intro d'"illuminating"...) se voient même affublés d'une rythmique programmée (le batteur était sans doute à la plage...) techno/trip hop, on se croirait presque chez Massive Attack !

L'ambiance générale est vraiment très calme, voire carrément soporifique sur "frail", "my electricity" ou "locked away"... Quant au morceau qui donne son titre à l'album, c'est un long instrumental (28 minutes et demie...) assez excitant au début, mais vous pouvez couper après 8 minutes 30, il ne se passe plus rien après...

Heureusement, il reste encore quelques petits bijoux où The Gathering nous procure la jouissance que l'on attend de lui : "travel" est génial, et justifie à lui seul l'achat de l'album, "red is a slow colour" et "great ocean road" sont superbes, "probably built in the fifties" (surtout le final) et le single "liberty bell" sont très bien aussi.

Ceux qui découvriraient le groupe avec cet album me trouveront sans doute un peu dur, mais allez écouter "Mandylion", vous verrez ce que je veux dire...

Ivan Agosti






Cet article provient de Koid'9 magazine rock & progressif

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