Spheric Universe Experience : Unreal (2009 - cd - parue dans le Koid9 n°72)

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Ce groupe français a commencé sa carrière avec un "Mental torments" très inspiré par Dream Theater. Je ne sais pas si c'est parce que je vénère trop ce dernier, mais ce premier album m'a laissé indifférent, comme une copie d'un géant, en papier mâché. Le disque suivant "Anima" était moins mon style. Plus heavy, plus direct, surtout plus speed, plus dans l'air du temps, bref plus proche des derniers Symphony X. Malgré tout il ne me laissait pas indifférent car il était dans son genre plus réussi. En dépit de sa longueur (67'), il était habillement soupesé, interprété, produit, avec des refrains accrocheurs pour retenir l'intérêt. Néanmoins comme je l'ai dit précédemment dans la chronique du dernier Redemption, je finis par être vite blasé par ce genre d'album, ainsi ce "Unreal" n'est pas vraiment ce que j'attends. Cette abondance de double grosse-caisse, dans un discours pas assez nuancé et varié en intensité mais misant en partie sur la force de frappe, me saoule un peu, même sur une durée limitée (50' pour 8 ou 9 morceaux). Vous allez me dire que je ne faisais pas la moue devant le dernier Adagio. C'est juste, pourtant ici il faut dire qu'il y a un côté plus recherché et travaillé dans les arrangements, mais rien à faire je n'adhère pas tout le temps. C'est peut-être à cause de cette "fausse" bonne production, efficace mais polluée notamment par des cymbales trop présentes qui rendent l'écoute finalement souvent un peu désagréable (faut dire aussi qu'ils ont changé de batteur). Mais je vais essayer d'apporter un jugement plus objectif, considérant que certains lecteurs sont potentiellement intéressés par ce CD, qu'on l'apprécie sur la toile et que j'ai décidé d'être le cobaye chargé de le tester. On commence par "white willow" (rien à voir avec le groupe charmeur venu du froid, mais alors rien). Le morceau sent le déjà vu, malgré des breaks variés en son centre. Heureusement le reste s'améliore, notamment avec les accents orientaux de "down memory lane" qui rappelle au départ Myrath mais la suite est plus convenue même si le groupe réussit son refrain. Il ne relâche pas le pied de l'accélérateur pour "lakeside park" et "3rd type", néanmoins on observe de brefs "ralentissements reggae" pour ce dernier, mais on tombe toujours avec des refrains en chorus à fond la caisse. Le très court instrumental au piano "near death experience" n'apporte pas un répit suffisant vu sa durée. Enfin ne râlons pas trop, "lost ghost" qui est enchaîné est plus lent et lourd, le meilleur morceau depuis le début. La piste suivante amène des accents techno-symphoniques bienvenus mais chassez le naturel et il revient au gallop (et là c'est le cas de le dire)  ; les variations de rythmes apportent de l'intérêt à ce morceau qui arrive en deuxième position dans mon c?ur. "O.B.E."  : un instrumental au relent jazz-rock  ! Tiens, décidément, c'est vers la fin de l'album que les choses s'améliorent. On finit par le titre le plus long (8') avec quelques nuances surtout vers la fin qui se fait atmosphérique. Cet opus est un concept-album mais on ne peut pas dire que cela se ressent  : c'est essentiellement au niveau des paroles tournées vers les phénomènes paranormaux. Certes, S.U.E ne renie pas la voie tracée par son deuxième album et l'on entend beaucoup de disques français qui n'ont pas ce professionnalisme, mais le groupe n'amène pas assez de diversité (surtout au début) et des erreurs gâchent le son du disque. C'est dommage car il possède des qualités.

Lord "Q-Tips" One

(Mince! vous êtes devenus sourd)






Cet article provient de Koid'9 magazine rock & progressif

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