Rousseau : At The Cinema (2002 - cd - parue dans le Koid9 n°44)

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Voici donc après 14 ans d’absence le retour de l’un des meilleurs groupes Allemands de rock progressif des années 80 : Rousseau. Alors effectivement pourquoi avoir choisi ce nom ? Eh bien en fait c’est un hommage à notre grand philosophe Jean-Jacques et surtout à ses idées qui n’ont pas pris une ride même 300 ans plus tard et qui sont toujours d’actualité. Les musiciens ont essayé d’inclure dans leur musique une part de cet état d’esprit. D’ailleurs on peut noter que dans chaque album du groupe il y a toujours au moins un morceau en français y compris dans le dernier. Avant de commencer la chronique un petit rappel historique s’impose. Le groupe est né en 1977 dans le nord de l’Allemagne fondé par le guitariste Peter Stutz, la claviériste Ulla Boos (qui quittèrent rapidement le groupe) et le batteur Ali Pfeffer (qui avec Jorg Schwarz le nouveau guitariste-chanteur l’a relancé à la fin des années 90). Le groupe sort un premier disque totalement instrumental en 1980 : "Flower in asphalt". La musique produite est fortement influencée par Camel notamment grâce à une flûte très mélodieuse et des parties de guitare très émouvantes si chères à Andy Latimer. Certains passages symphoniques ou riffs font penser au meilleur Genesis même si l’influence reste camélienne. La musique est calme, agréable et apaisante pour l’auditeur. C’est vraiment le genre de musique à conseiller aux speedés et dépressifs. Suivront en 1983 "Retreat" (apparemment le moins bon mais je ne le connais pas) et en 1986 "Square the circle" (celui-ci est terrible n’est-ce-pas monsieur Jean !!! sans doute leur meilleur et le plus personnel). Ils jouent de nombreux concerts avec acteurs et danseurs qui eurent un gros succès en Allemagne. Ils participent aussi à deux compilations : "7 days of life" et "Double exposure". Encouragé par de bonnes critiques le groupe décide de composer un disque entièrement en Allemand : "Schlaflose nachte" qui fût publié uniquement en Allemagne. Ensuite plusieurs membres quittent le groupe faisant croire que Rousseau s’était définitivement éteint. Mais quelques années plus tard Ali et Jorg Schwarz le guitariste chanteur se rencontrent à nouveau, rapidement rejoint par Dieter Beermann (un vieil ami de Jorg) à la basse. Rainer Hofmann prêt à rejoindre le groupe, ils commencent à enregistrer de nouvelles démos. Muséa satisfait du matériel produit leur nouvel album : "At the cinema". Tous les membres du groupe ont participé à la composition commencée en décembre 2000 et octobre 2001 en Allemagne. Il a été produit, arrangé, par le groupe et mixé par Jorg Schwarz. La pochette a été dessinée par la fille d’Ali Pfeffer. 14 morceaux dont plus de la moitié sont instrumentaux. La musique de Rousseau est intemporelle et se fout des modes. On retrouve l’atmosphère des albums précédents. La musique est relaxante, émouvante, mélancolique. L’album débute par une courte introduction au piano apaisante pour l’auditeur, laissant présager de la suite. On retrouve la même pureté musicale, la même douceur même si l’ensemble sonne très légèrement plus pop. L’influence camélienne est moins présente. Point de flûte mais par contre de l’accordéon sur "if this is heaven" et "halland", du hautbois sur "silent world", du violon sur "back in those arms" et "retreat". Comme d’habitude pas de morceaux longs. Le plus long, l’instrumental "rendez-vous" dure plus de 5 minutes et est, à mon sens, le meilleur de l’album, en tous cas le plus varié, le plus dense. Ca commence par une mélodie très belle, pleine de romantisme et de poésie aux claviers suivie de la guitare lyrique et émouvante de Jorg Schwarz. Et tout l’album est du même acabit distillant tour à tour des ambiances romantiques, calmes, nostalgiques, laissant l’auditeur calme et serein. Seul l’instrumental "amour fou" semble un peu plus pêchu. L’album se clôture en reprenant la mélodie du premier morceau accompagné cette fois du clavier et se terminant par un solo de guitare à la "camel" bien sur. Au final un album excellent pour les amateurs de belles mélodies et d’accords délicats. A noter quand même que le groupe a déjà composé 4 nouveaux morceaux pour un nouvel album dont le titre provisoire est "The dance".

L’aventure continue !!!

Remy Bessouat






Cet article provient de Koid'9 magazine rock & progressif

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