Arcansiel : Swimming In The Sand (2004 - cd - parue dans le Koid9 n°50)

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Sous-titré "the best of Arcansiel" cet album rassemble 5 des meilleurs titres du groupe dans une version réenregistrée, augmentés d'une création de 4 minutes et des poussières, pour un total de 64 minutes.

Curieuse idée, me direz-vous, de sortir un "best of" d'un groupe inconnu ou presque. Et bien pas si inconnu que cela, en fait, puisqu'Arcansiel a été l'un des leaders du renouveau prog à la fin des années 80 et au début des 90s en Italie, et a sorti à l'époque trois albums : "Four daisies" (88), "Still searching" (90) et "Normality of perversion" (94). En sommeil depuis lors, le groupe a décidé de se reformer, en l'absence du leader d'alors, Marco Galetti, pour cette opération très marketing destinée à redorer le blason de 5 de leurs titres phares et d'y adjoindre un single clairement destiné à passer en radio, le tout clairement pour donner un nouveau souffle à la formation.

Fortement influencée par les leaders de l'époque qu'étaient Marillion, IQ et autres poids lourds du néo-prog, la musique d'Arcansiel se teinte également de touches typiquement transalpines, avec une forte présence de la flûte et par moments même de cordes faisant penser (de très loin, néanmoins) au meilleur du baroque italien (notamment sur "evelyn", tiré du premier album). Les deux titres issus de "Still searching", "angel of march" et "I'm still searching" sont les plus typés néo-prog. "Holy wolf suite" et "the end" présentent des sonorités plus tourmentées, plus groovy, avec des guitares plus présentes et plus saturées. "The end", le titre de clôture (évidemment?) est relativement court (6 minutes et quelques) et se termine par un gros délire aux cuivres. C'est sans conteste "evelyn", seul titre tiré de "Four daisies" qui s'apparente le plus au prog dit "italien". Quant au single d'ouverture, "swimming in the sand", très popisant, agrémenté de ch?urs et de sax, il remplit sa fonction et constitue une chanson qui passera bien en radio.

C'était donc sûrement une bonne idée de la part de Paolo Baltaro et de ses acolytes que de ressusciter ces morceaux un peu trop vite oubliés. Le résultat aboutit à un album très diversifié car balayant toutes les périodes. Ce "recyclage" ne gênera pas l'auditeur qui, comme ce fût mon cas, aura réellement, comme le sous-titre de l'album l'indique, accès au meilleur du groupe et pourra s'empresser de court-circuiter le reste. Les autres, qui ont connu Arcansiel avant sa disparition puis sa résurrection, regretteront sans doute l'absence quasi-totale de nouveau matériel. Bon? on ne peut pas non plus tout faire en même temps, hein ?

Note : 3/5

Benoît Herr






Cet article provient de Koid'9 magazine rock & progressif

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